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1 février 2016

Pourquoi j’ai décidé de me libérer de l’influence parentale

De mon enfance à maintenant, le rapport que j’entretiens avec mes parents a bien évolué, mais la donne a véritablement changé durant ces deux dernières années, soit plus ou moins à partir de mes 16 ans. Aujourd’hui, à 17 ans et demi, je ne vois mon père que 3 jours par semaine… Je me suis véritablement libéré de l’influence parentale.

Pourquoi se libérer de l’influence parentale ?

Depuis que je suis tout petit, j’ai toujours été un enfant sage et obéissant et même au début de mon adolescence je n’ai jamais expérimenté la « phase ingrate » à laquelle se réfèrent si souvent les adultes pour parler de cette période de notre vie. Du moins c’est ce que je pensais.
Étant l’aîné de ma fratrie et de mes cousins d’au moins 7 ans, j’ai pendant longtemps été entouré uniquement par des adulte et de facto, pour Noël et le Nouvel An, j’ai toujours été traité comme l’égal des adultes autour de la table. Cela m’a permis d’acquérir une maturité plus avancée que celle des enfants de mon âge et m’a au passage éloigné d’eux. Si je ne l’étais pas déjà, j’étais devenu un être introvertirêveur, presque renfermé sur lui même.
Cette position particulière m’a donc placé au centre des discussions familiales et bien que l’intention n’était pas là, des moqueries en tout genre de la part des adultes qui m’entouraient (comme par exemple raconter mes maladresses ou ma naïveté). Seulement, comme je n’étais qu’un enfant, je n’avais pas le recul nécessaire pour encaisser cela et ma confiance en moi en a pris un coup.
Par la suite, alors que je rentrais au collège, ce nouveau cadre m’a amené à me renfermer d’autant plus et à ne posséder que quelques amis. Le collège s’est bien passé pour moi, grâce à cette bulle que j’avais créé au contact des adultes, et j’étais globalement satisfait de ma vie.
Un événement a alors bouleversé ma vie: le décès de ma grand-mère. C’était quelqu’un à qui je tenais énormément et avec sa mort, c’était mon innocence qui s’en allait. Tout avait changé, pour mon père, qui venait de perdre sa mère, pour moi, mon petit frère et pour ma mère, qui perdait sa belle-mère mais devait en plus nous récupérer en morceaux.
Nous avions une maison que mon père avait construit et dans laquelle l’étage composé de trois pièces (chambre, bureau, salle de bain) m’était dédié. C’était mon univers, ma « tour » personnelle. J’ai ainsi refermé une fois de plus la bulle autour de moi. J’ai fini mon collège tranquillement et la première rupture entre mes parents et moi s’est effectuée: la rentrée au lycée.
Je désirais, comme tous mes amis, fréquenter le lycée de secteur, totalement conscient que j’y réussirais sans aucun doute. Mais mes parents se sont acharnés pour que j’intègre le lycée privé de la ville et comme je n’avais jamais osé leur résister, j’ai fini par céder. J’ai fait là-bas la rencontre de ma co-webmiss qui est aussi ma petite-amie, mais je suis aussi tombé dans un gouffre sans fond où j’ai perdu mon identité.
Pour faire simple, alors qu’en parallèle mes parents étaient en train de se séparer et que l’une des valeurs qui m’étaient les plus chères, celle de la famille, s’effondrait, j’ai rencontré un professeur très charismatique (pour ne pas dire pervers narcissique) qui m’a embobiné en se servant de mon manque de confiance en moi, qu’il avait bien flairé, et mon mental affaibli en raison de la situation pour me modeler selon son bon vouloir. Je ne savais plus où donner de la tête.
Mes parents ont fini par divorcer, et la routine de garde alternée s’est installée. Mes rapports avec ma mère se sont dégradées à vue d’œil, sûrement parce que je ne supportais pas que mon monde s’écroule tout en la voyant garder la tête haute. Je ne lui en tiens plus rigueur, aujourd’hui je regrette même d’avoir décidé de rester uniquement chez mon père et de n’avoir pas profité d’elle plus longtemps avant qu’elle n’emménage à une centaine de kilomètres de moi.
Du côté de mon père, une relation conflictuelle s’est installée entre nous à mesure que je restais chez lui. Les commentaires moqueurs insinuant que je n’étais pas capable de faire quoique ce soit et encore moins correctement, ou qu’il était ridicule que je prétende suivre un régime s’accumulaient. Jusqu’à ce que je ne puisse plus supporter de rester chez lui, redoutant toujours la prochaine pique.
Entre-temps, l’environnement du lycée que je fréquentais était devenu étouffant car l’on subissait alors un harcèlement moral sans relâche de la part de certains professeurs et de l’administration et ma petite-amie avait même décroché scolairement à cause de ça. Mon père a mis du temps à me croire et cela a été une grande source de conflit entre nous. Avec la fin de l’année et les épreuves anticipées du Bac, j’ai commencé à rester plus que d’habitude chez ma petite-amie. C’était le début de la « rupture » avec mon père.
J’ai passé, pour faire simple, l’été chez ma petite-amie. Je ne suis pas parti en vacances avec mon père, comme j’avais habitude de faire, mais avec Cindy. Cet isolement m’a permis de renouer, bien que difficilement et paradoxalement, avec mon père et à obtenir des libertés que la plupart des gens de mon âge n’ont pas.Alors que je venais d’être accepté dans le lycée public que j’aurais pu intégrer plus tôt si mes parents n’en avaient pas décidé autrement, mon père a voulu que je revienne chez lui avec l’arrivée de la rentrée (normal, après tout). Seulement, pour moi il n’en était pas question, alors j’ai confronté mon père, et je lui ai dit ce que je pensais, je me suis littéralement affirmé.
Cela fait désormais parti de mon quotidien. Je vois mon père 2 jours par semaine et 1 jour durant le week-end lorsqu’il a la garde de mon petit-frère. Parallèlement, j’essaie d’entretenir des contacts téléphoniques réguliers avec ma mère, et j’essaie d’aller lui rendre visite quand cela est possible.
Tout cela s’est fondé sur de lourdes décisions : m’éloigner de mes parents, me libérer de l’influence parentale. Si je l’ai fait, ce n’est pas par égoïsme, mais d’abord, pour me protéger le temps de retomber sur mes pieds après une année difficile aussi bien scolairement que familialement, et dans un second temps car je savais que c’était l’unique solution pour arranger la situation.

Au final, j’entretiens de meilleures relations avec mes parents, qui me permettent de profiter de mon temps avec eux plutôt que de faire de notre vie commune une vie de tensions inutiles.C’est toujours un peu compliqué et ce n’est pas parfait, mais c’est ce que j’ai trouvé de mieux. J’aime ma famille et parfois, quand on aime quelqu’un, il faut savoir prendre des décisions difficiles pour être certain de ne pas les perdre définitivement. C’est ce qui me convient à moi, pendant que d’autres jeunes de mon âge auraient désespérément besoin que leurs parents ne leur laissent pas tant de liberté… comme quoi, on est tous des enfants, des adolescents, des jeunes différents et nous avons tous des parents différents, alors c’est parfois difficile de trouver la bonne combinaison.

Et vous, quelles relations entretenez-vous avec vos parents ? En êtes-vous satisfaits ?

— Ben

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6 Comments

  • Anonyme

    Je trouve ça très courageux de ta part d'avoir réussis à t'émanciper quelques peu de tes parents. Tout le monde n'a pas cette force de caractère, bien qu'elle soit arrivée un peu tard. Je pense que ça va beaucoup t'aider pour l'avenir.
    Sinon,j'aime votre blogue, il est trè complet et traite de sujet très interessants. Continuez comme ça c'est super !
    Une amie qui vous aime beaucoup.

    1 février 2016 at 20 h 00 min Reply
    • FromShetoHim

      Ton commentaire me touche, et je tenais à dire qu'à la base, je n'avais pas une grande force de caractère, mais que les événements m'ont amené à la posséder pour mon bien-être!
      C'est gentil pour notre blog, on fait de notre mieux pour qu'il plaise, alors ça touche toujours des compliments 😀

      — Ben

      2 février 2016 at 12 h 59 min Reply
  • Mel's way of life

    Ton article est très touchant, je découvre votre joli blog…
    Bises

    2 février 2016 at 18 h 56 min Reply
    • FromShetoHim

      Merci beaucoup, j'espère que nos prochains articles te plairont 😀

      — Ben

      3 février 2016 at 17 h 40 min Reply
  • Windy

    C'est compliqué les relations parents/enfants. C'est triste de lire que des adultes se moquaient d'un enfant. Ca n'aide en rien son développent, surtout que j'ai l'impression qu'à partir de 10 ans, c'est là qu'on fonde les bases de notre personnalité…
    En étant passée par un seuil où ma mère et moi ne nous comprenions plus, tu as pris la bonne décision, avoir la force de partir c'est le plus compliqué ! Bon courage pour la suite, "le meilleur reste à venir" comme on dit 😉 et c'est tout ce que je te (vous) souhaite !

    3 février 2016 at 9 h 28 min Reply
    • FromShetoHim

      Je suis tout à fait d'accord avec ton commentaire. Le problème c'est qu'on met du temps à réaliser les choses comme elles sont, et la plupart des gens préfèrent se mentir à eux-même et prétendre que tout va bien.
      Merci pour tes encouragements qui nous touchent droit au cœur!
      J'espère que nos prochains articles te plaîront 😀

      — Ben

      3 février 2016 at 17 h 47 min Reply

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